13 juin 2024

Justin Trudeau lors du sommet du G7 : le Canada veut intensifier la pression sur la Russie

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Justin Trudeau et les autres dirigeants du G7 ont exprimé leur volonté de renforcer les sanctions contre la Russie et d’élargir leur portée. L’objectif derrière ces mesures restrictives est de priver Moscou de ressources économiques et militaires afin de nuire à ses efforts de guerre en Ukraine.

En réduisant les échanges commerciaux et en plafonnant le prix du pétrole russe, les pays européens et d’autres alliés réduisent les revenus qui alimentent les coffres russes. De plus, en interdisant la vente de matériel militaire et de haute technologie au régime de Vladimir Poutine, les alliés de l’Ukraine obligent l’armée russe à se battre avec un équipement moins sophistiqué, ce qui ralentit sa progression sur le terrain.

Photo: Adrian Wyld La Presse canadienneVladimir Poutine n’est «ni un soutien ni un ami» du Canada, estime Justin Trudeau. Sur la photo, le président russe et le premier ministre canadien lors du Forum de Paris sur la paix, en 2018.

Selon Mélanie Joly, ministre canadienne des Affaires étrangères, les sanctions fonctionnent. Elles ont un impact négatif sur le secteur militaire russe en raison de l’absence d’importation de nouvelles technologies.

Cependant, le régime de sanctions n’est pas parfait et ne fonctionne que partiellement, souligne Frédéric Lasserre, professeur à l’Université Laval et titulaire de la Chaire de recherche en études indopacifiques.

« D’une part, les sanctions ont des effets réels sur Moscou. Mais d’autre part, elles ne sont manifestement pas suffisantes pour amener la Russie à changer de politique », explique-t-il.

Même si l’Occident resserre l’étau commercial, la Russie trouve encore des moyens de contourner les mesures prises contre elle. Par exemple, elle peut réutiliser des microprocesseurs d’appareils électroménagers à des fins militaires, bien que leur qualité et leur précision soient différentes. De plus, certains pays aident la Russie à contourner les sanctions, ce qui pose un problème selon Mélanie Joly. Les dirigeants du G7 cherchent donc des moyens d’augmenter les pénalités pour les contrevenants, tout en évitant de les humilier pour éviter qu’ils ne se rangent ouvertement du côté de la Russie.

En ce qui concerne les sanctions économiques, les oligarques proches de Vladimir Poutine utilisent tous les moyens à leur disposition pour dissimuler leurs avoirs afin d’éviter qu’ils ne soient gelés par la communauté internationale. Le Canada se vante d’avoir adopté une loi permettant non seulement de geler les avoirs russes, mais aussi de les saisir, de les revendre et d’utiliser les profits pour aider l’Ukraine. Cependant, cette mesure n’a eu qu’un effet limité et n’a pas été imitée par les autres alliés.

Les sanctions sont donc un outil imparfait pour freiner les avancées de Vladimir Poutine en Ukraine. Elles empêchent l’armée russe de mener des frappes éclair, ce qui contraint Moscou à se livrer à une guerre d’usure, dans l’espoir de venir à bout de la détermination du peuple ukrainien. À long terme, cela risque de mettre à rude épreuve la solidarité des pays alliés envers l’Ukraine. C’est pourquoi le G7 souhaite resserrer une fois de plus la vis sur la Russie.

Certaines voix se sont élevées pour demander des sanctions plus sévères afin d’accélérer l’impact économique et militaire sur la Russie, explique Frédéric Lasserre.

« Cela peut être tenté en resserrant les mailles du filet, mais il ne sera jamais complètement étanche », souligne-t-il.

Les sanctions présentent donc des limites. Leur efficacité dépendra de la volonté des institutions privées responsables de les mettre en œuvre.

Il reviendra aux membres du G7 de décider jusqu’où ils sont prêts à aller pour que leurs actions diplomatiques produisent un véritable impact sur le terrain.

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