13 juin 2024

Des demandeurs d’asile quittent le Canada tout en recevant une aide sociale

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Des migrants qui ont quitté le Canada continuent de percevoir des chèques d’aide sociale, même après être partis clandestinement aux États-Unis. Cette tendance, de plus en plus populaire parmi les demandeurs d’asile, concerne potentiellement des centaines, voire quelques milliers de personnes, notamment ceux qui sont entrés par le chemin Roxham. Selon différentes sources, ce phénomène prend de l’ampleur.

Le gouvernement Legault a récemment été informé de cette problématique. La ministre responsable de la Solidarité sociale et de l’Action communautaire, Chantal Rouleau, a confirmé que des mesures de conformité et des enquêtes étaient en cours pour s’assurer que les personnes qui ne résident plus au Québec cessent de recevoir l’aide de dernier recours.

Cependant, le gouvernement québécois ignore les montants versés illégalement et le nombre exact de demandeurs d’asile concernés, car ceux-ci ont déjà quitté la province. Normalement, une personne est tenue de déclarer tout changement dans sa situation, y compris le fait de quitter temporairement le Québec, ce qui aurait un impact sur le montant de l’aide. Si une personne a reçu une aide en trop, elle est tenue de la rembourser.

Le nombre de personnes interceptées par les autorités américaines après avoir franchi la frontière canado-américaine est en forte augmentation. Cette tendance, appelée « southbound » par les forces policières, concerne principalement le secteur Swanton, qui couvre la frontière entre le Québec et l’État de New York. Entre février et mars, 1156 personnes ont été interceptées, provenant de 33 pays différents, principalement du Mexique et du Venezuela. Ce chiffre représente une augmentation de 1200 % par rapport à l’année précédente. De plus, il ne tient pas compte de tous ceux qui ont réussi à traverser la frontière sans être détectés.

Toute personne résidant au Québec dont la demande d’asile a été jugée recevable peut bénéficier de l’aide financière de dernier recours du gouvernement du Québec. Même si sa demande d’asile a été refusée, une personne peut toujours recevoir cette aide si sa présence au Canada est autorisée. Le montant de base de cette prestation est de 725 $ par mois par adulte et peut atteindre 1167 $ par couple.

Le gouvernement du Québec semble avoir peu de moyens pour limiter ou éliminer ce problème. Bien qu’il existe des échanges d’informations avec les provinces limitrophes de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick pour éviter que les demandeurs d’asile déménagés ne reçoivent plusieurs prestations provinciales simultanément, aucune mesure n’a été mise en place pour vérifier si un demandeur d’asile a quitté le Canada sans en informer les autorités. De plus, les convocations des demandeurs d’asile au Québec ont été suspendues en raison du volume important de dossiers à traiter.

En 2022, près de 59 000 demandeurs d’asile sont arrivés au Québec, un record.

La majorité d’entre eux reçoivent l’aide financière de dernier recours. Cependant, le gouvernement québécois fait face à une dette croissante causée par des paiements excessifs accordés à certains demandeurs d’asile. Selon les données du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale, près de 7 100 demandeurs d’asile ont une dette à régler depuis 2021, représentant un total de 9,3 millions de dollars. Jusqu’à présent, seul un tiers de cette somme, soit 3,1 millions de dollars, a été récupéré.

Il est évident que ces chiffres ne tiennent pas compte des montants touchés par ceux qui ont quitté le pays et qui continuent de recevoir cette aide sociale. Malgré les efforts en cours pour enquêter sur ces cas de fraude, le gouvernement québécois est confronté à des défis pour mettre fin à cette situation. Les mesures de conformité et les enquêtes en cours visent à assurer que seules les personnes résidant réellement au Québec continuent de bénéficier de l’aide de dernier recours.

Il est crucial de trouver des solutions efficaces pour éviter les abus du système d’aide sociale et garantir que les ressources sont utilisées de manière équitable et appropriée.

La coopération entre les gouvernements fédéral et provincial, ainsi qu’une meilleure coordination avec les provinces voisines, pourrait contribuer à résoudre ce problème. En attendant, il est essentiel d’améliorer les mécanismes de suivi et de vérification afin de s’assurer que les demandeurs d’asile respectent les règles et les obligations liées à l’aide financière qu’ils reçoivent.

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