13 juin 2024

Violences en Haïti: plus de 600 personnes tuées pour le seul mois d’avril

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L’ONU alerte sur la mort de plus de 600 personnes à Haïti au mois d’avril. Ces morts sont la conséquence d’une vague de « violence extrême » dans ce pays qui est l’un des plus pauvre du monde.

Plus de 600 personnes ont été tuées pour le seul mois d’avril dans une nouvelle vague de « violence extrême » qui a frappé plusieurs quartiers de la capitale d’Haïti, a alerté l’ONU mardi.

«  Cela fait suite au meurtre d’au moins 846 personnes au cours des trois premiers mois de 2023, en plus de 393 personnes blessées et 395 enlevées au cours de la période, soit une augmentation de 28 % de la violence par rapport au trimestre précédent », selon un communiqué du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme.

Le Haut-Commissaire Volker Türk dénonce « un cycle de violence sans fin en Haïti ». « La situation d’urgence en matière de droits de l’homme appelle une réponse forte de toute urgence », a-t-il demandé mardi.

Presque 400 enlèvements en un trimestre 

Dans un rapport trimestriel (janvier à mars) publié mardi, l’ONU souligne que la violence à Haïti ne devient pas seulement plus extrême et plus fréquente, mais qu’elle s’étend inexorablement à mesure que les gangs cherchent à étendre leur contrôle.

Des zones de la capitale auparavant considérées comme sûres, notamment Kenscoff et Pétion Ville, ainsi que le département de l’Artibonite, sont désormais touchées.

Les enlèvements (au moins 395 au premier trimestre 2023) sont en augmentation de 12 % par rapport au trimestre précédent, et la violence sexuelle continue d’être utilisée comme une arme par les gangs pour s’imposer par la terreur et faire souffrir la population.

Parmi les autres modes opératoires utilisés par les gangs, le rapport recense des incidents au cours desquels des tireurs embusqués ont fait feu sans discernement sur des passants ou sur des habitations. Des personnes ont aussi été brûlées vives dans les transports publics.

Des « brigades de vigilance » qui organisent des lynchages collectifs 

Le rapport met par ailleurs en évidence l’émergence de groupes d’autodéfense, appelés «  brigades de vigilance », suite aux appels lancés par certaines personnalités politiques et journalistes pour que les citoyens s’organisent pour lutter contre la violence des gangs.

Ces groupes sont à l’origine de lynchages collectifs et ont entraîné la mort d’au moins 75 personnes, dont 66 membres de gangs, au premier trimestre, selon le rapport.

Lors de sa première visite officielle en Haïti en février, M. Türk a encouragé la communauté internationale à soutenir le renforcement de la police nationale d’Haïti et à déployer en urgence une force de soutien pour une période limitée.

«  Je réitère mon appel à la communauté internationale pour qu’elle déploie une force de soutien spécialisée, respectueuse des droits de l’homme et limitée dans le temps, avec un plan d’action complet pour aider les institutions haïtiennes », a demandé le Haut-Commissaire mardi.

« L’État a l’obligation de protéger ses citoyens. La population devrait pouvoir compter sur la police et les autorités judiciaires pour s’attaquer à la violence des gangs. Mais la réalité est que l’État n’a pas la capacité de réagir. La population se fait donc justice à elle-même, mais cela ne fera qu’alimenter la spirale de la violence », a-t-il averti.

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