Incapables de stopper les gangs, les autorités haïtiennes augmentent encore le prix de l’essence
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Port-au-Prince, Alors que les gangs armés continuent de semer la terreur dans la capitale et de gagner du terrain en province, le gouvernement haïtien a choisi le lundi 10 août pour justifier une nouvelle augmentation du prix des carburants. Une décision qui ressemble à une provocation pour une population exsangue, confrontée quotidiennement à l’insécurité et à l’inflation.
Lors d’une conférence de presse organisée par le Bureau du Secrétaire d’État à la Communication, le ministre des Affaires Sociales et du Travail, Marc-Elie Nelson, et la directrice du Travail, Guerline Jean-Louis, ont tenté de convaincre que cette hausse était inévitable, en raison des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Le Secrétaire d’État à la Communication, Lucien Jura, a même vanté la « responsabilité » d’un gouvernement qui « anticipe et prévient les crises ».
Mais force est de constater que ce gouvernement, qui se targue d’anticiper, est totalement impuissant face à l’effondrement sécuritaire du pays. Selon un récent rapport du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, entre mars 2025 et janvier 2026, au moins 5 519 personnes ont été tuées et 2 608 blessées en Haïti. Les gangs contrôlent désormais de larges pans du territoire, y compris dans les départements de l’Artibonite et du Centre, tandis que plus de 1,4 million de personnes ont été déplacées. Face à cette hémorragie, l’exécutif semble démuni, préférant s’attaquer au porte-monnaie des Haïtiens plutôt qu’aux criminels qui les terrorisent.
Une augmentation justifiée, des baisses toujours au rabais
Le ministre Nelson a tenté de rassurer en affirmant que le gouvernement voulait « éviter des conflits entre chauffeurs et passagers ». Une belle promesse, mais qui sonne creux quand on sait que la précédente augmentation, en avril 2026, avait atteint 37 % pour le diesel et 29 % pour l’essence. Les baisses, elles, sont toujours timides. En juillet, le prix de la gazoline n’avait diminué que de 50 gourdes, passant de 700 à 650 gourdes le gallon, tandis que le diesel était réduit de 790 à 700 gourdes. Des ajustements dérisoires comparés aux fortes hausses imposées aux ménages.
« Un gouvernement responsable est un gouvernement qui anticipe », a martelé Lucien Jura. Mais anticiper quoi ? La prochaine flambée des prix alors que le pays est à genoux ? Les Haïtiens, eux, n’ont pas besoin d’un « Conseil Consultatif de Suivi du Marché Pétrolier » pour comprendre que l’essence est devenue un luxe. Ils ont besoin d’un gouvernement qui les protège, qui rétablisse l’ordre et qui ne profite pas de chaque crise internationale pour alourdir leurs souffrances.

