Élections en Haïti : André Michel salue le secteur privé et accuse Fils-Aimé de compromettre l’impartialité du processus
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Port-au-Prince — Me André Michel réagit à la prise de position des principales organisations du secteur privé haïtien en faveur d’un processus électoral « crédible, inclusif et sécuritaire ». Dans une publication sur son compte X, l’avocat estime que les conditions d’impartialité du scrutin sont compromises par la décision du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé de mettre en place sa propre plateforme politique.
« Nous saluons la position du Secteur Privé appelant à l’organisation d’un Processus électoral crédible, sécuritaire et impartial », écrit André Michel.
Cette réaction intervient après la publication, le 22 septembre, d’une note signée notamment par l’Association des industries d’Haïti (ADIH), la Chambre de commerce et d’industrie d’Haïti (CCIH), la Chambre de commerce et d’industrie haïtiano-canadienne (CCIHC) et l’Institut Macaya. Ces organisations demandent notamment des garanties de sécurité, de transparence, d’inclusion et d’impartialité, ainsi qu’une évaluation technique et financière du processus électoral et la fixation d’un calendrier « réaliste et définitif ».
« Les dés sont déjà pipés », affirme André Michel
Pour l’avocat, le problème se situe notamment au niveau du rôle du chef du gouvernement dans le processus électoral.
« Un PM de Transition qui a lancé sa propre plateforme Politique ne peut pas conduire un processus électoral crédible et impartial. Les dés sont déjà pipés ! », affirme-t-il dans son message.
Cette critique reprend une position déjà exprimée par André Michel ces derniers jours. Intervenant sur Magik9 le 22 septembre, il avait reproché à Alix Didier Fils-Aimé d’avoir créé sa propre plateforme politique alors qu’il dirige le pouvoir de transition, estimant que cette initiative mettait en cause la neutralité attendue d’un gouvernement de transition.
Dans leur déclaration, les organisations patronales ne se prononcent pas sur la plateforme politique du Premier ministre. Elles insistent plutôt sur les conditions générales devant entourer le scrutin : sécurité pour la campagne et le vote, accès à l’enregistrement pour les populations déplacées, transparence des autorités électorales, information sur le financement et le dispositif sécuritaire, observation électorale et mécanismes de règlement des contestations.
Elles demandent également aux autorités d’accélérer le déploiement de la Force de Répression des Gangs (FRG) afin de contribuer à la création des conditions sécuritaires nécessaires aux élections.
Le débat intervient alors que le CEP poursuit les opérations préparatoires au scrutin. Au 21 septembre, l’institution indiquait que 1 285 centres d’inscription et de vote étaient opérationnels dans le pays.
Le calendrier électoral reste parallèlement au centre des discussions entre le CEP, l’Exécutif et les acteurs politiques.
Pour André Michel, la question de la neutralité du pouvoir de transition constitue désormais un élément central du débat sur la crédibilité du processus. Son intervention s’inscrit ainsi dans une controverse plus large autour des conditions politiques, sécuritaires et institutionnelles nécessaires à l’organisation des prochaines élections en Haïti.

