Rapport de l’ONU sur Haïti : Faillite sécuritaire et soupçons de complicité au sommet de l’État
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Le diagnostic dressé par les spécialistes des Nations unies est catégorique l’administration provisoire actuellement conduite par Alix Didier Fils-Aimé s’avère incapable d’enrayer le chaos et de restaurer le climat sécuritaire dans la république caribéenne.
Au fil d’une analyse particulièrement sombre, les rapporteurs décrivent le territoire comme un espace livré à lui-même, dépourvu de véritable autorité centrale.
Sur le terrain, la police nationale en dépit du concours d’entreprises privées de protection demeure impuissante face aux factions armées. L’évaluation onusienne souligne que ces réseaux criminels disposent d’une puissance de feu et d’une organisation supérieures aux forces institutionnelles, portés par les accointances d’hommes politiques et d’influents décideurs économiques. Pour la mission d’évaluation, le démantèlement de cette criminalité organisée restera illusoire sans un durcissement manifeste des contraintes punitives adoptées par le Conseil de sécurité de l’ONU à l’encontre de leurs appuis en coulisses.
Le document pointe également les faiblesses structurelles de l’appareil judiciaire : si plusieurs membres de bandes criminelles ont pu être appréhendés lors d’opérations policières, une partie significative d’entre eux a rapidement recouvré la liberté sur décision de justice, sapant ainsi l’effort sécuritaire.
Le volet le plus compromettant de cette investigation touche aux liaisons suspectes entre la sphère publique et le milieu délinquant.
L’ONU révèle en effet que le 25 mai dernier, l’exécutif de transition a désigné un nouvel administrateur communal à Cité-Soleil. D’après les éléments rassemblés par les enquêteurs internationaux, le responsable nommé tiendrait un rôle actif au sein du groupe armé commandé par le chef de bande Ti Gabriel.
Cette nomination au sein de l’un des principaux foyers de tension de la zone métropolitaine ravive les craintes d’un pacte de non-agression, voire d’une cohabitation assumée entre les dirigeants politiques civils et la criminalité organisée.

