Rapport ONU : L’empire clandestin de Moïse Jean-Charles et le crépuscule des caïds de 86
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Alors qu’un nouveau rapport des Nations Unies met en lumière des réseaux de trafic opérant sous la transition actuelle, le nom de Moïse Jean-Charles, leader de Pitit Dessalines, refait surface au cœur de vives controverses. Accusations de contrebande, soupçons d’enrichissement illicite et ambiguïté idéologique : le portrait d’un homme politique pris à son propre jeu.
Le dossier « zangi » sous le CPT
Selon des révélations récentes attribuées à un rapport d’experts de l’ONU, Moïse Jean-Charles serait directement mis en cause dans un réseau de contrebande et d’exportation de « zangi » (civelles ou anguilles) vers l’étranger. Durant la période récente marquée par la gouvernance du Conseil présidentiel de transition (CPT), l’ancien sénateur aurait agi en véritable majordome ou régisseur de l’ombre au sein du ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural (MARNDR).
C’est lui qui, selon ces éléments, validait les accès et délivrait les autorisations nécessaires pour opérer dans ce secteur hautement lucratif. Ces révélations posent de nouvelles questions sur la véritable nature des activités de l’homme politique : s’agissait-il uniquement de ce réseau d’exportation d’anguilles, ou le rapport de l’ONU se fait-il l’écho d’anciennes rumeurs associant son nom à d’autres trafics illicites, comme le scandale d’organes qui avait défrayé la chronique par le passé ? La question reste aujourd’hui entièrement ouverte.
Un discours de gauche, une fortune de droite
Pour une grande partie de l’opinion publique, le contraste est saisissant. Celui qui se proclame haut et fort défenseur des masses populaires et figure de la gauche anti-impérialiste apparaît, dans l’ombre, comme un homme extrêmement fortuné.
Formé à l’école politique traditionnelle, le leader de Pitit Dessalines maîtriserait parfaitement les rouages du système et saurait accumuler et dissimuler ses avoirs à l’abri des regards. Cette dualité trouble sa propre base : chez les jeunes militants qui l’ont autrefois suivi aveuglément, la désillusion s’installe. Beaucoup concèdent aujourd’hui, non sans ironie ou amertume, que leur leader n’est fondamentalement ni de gauche, ni même de gauche révolutionnaire, mais qu’il navigue pragmatiquement entre la droite et la gauche au gré de ses intérêts personnels.
La mise à nu de la classe politique post-1986
Ce nouveau scandale dépasse la seule personne de Moïse Jean-Charles : il symbolise l’épuisement et la déchéance de toute une génération politique. Cette classe dirigeante issue de l’après-1986, longtemps soutenue, choyée et instrumentalisée par la communauté internationale ce même « Blanc » qu’elle dénonce en public mais fréquente dans l’ombre se retrouve aujourd’hui mise à nu et discréditée par les rapports mêmes des instances internationales qui l’observent depuis trente ans.
Alors que le pays s’enfonce dans une crise multidimensionnelle, l’image du leader populaire et défenseur des démunis s’effrite un peu plus, laissant place à la perception d’un acteur aguerri au sein d’un système politique à bout de souffle.

