Impunité en Haïti : le dernier coup de gueule de l’ambassadeur Michon
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En fin de mission sur le sol haïtien, le diplomate français Antoine Michon n’a pas mâché ses mots. Il a dénoncé avec une rare virulence le décret sur la Haute Cour de justice, qu’il qualifie de véritable bouclier d’impunité. Selon lui, ce texte ne laisse aucune place au doute : il institutionnalise le règne de l’impunité pour l’entièreté de la classe politique haïtienne, qu’elle soit du passé, du présent ou de l’avenir.
En brisant le silence si tardivement, l’ambassadeur Michon donne à voir une démarche qui, aux yeux de nombreux observateurs, tient plus du soulagement personnel que du devoir d’information.
Pourtant, cette mise en garde explicite se heurte à un mur. Le Premier ministre, manifestement insensible aux critiques du diplomate français, s’obstine à maintenir ce décret en l’état, au mépris des conséquences. Conséquence directe de ce blocage : les pôles judiciaires spécialisés, pourtant censés incarner un sursaut, sont aujourd’hui condamnés à une paralysie totale.
Pire encore, il faut rappeler un fait glaçant. La seule voix publique qui avait eu le courage de s’élever contre ce texte, l’ex-directeur général de l’ULCC Hans Joseph, a été brutalement démise de ses fonctions en représailles par le pouvoir de facto. Un exemple frappant de ce que coûte, aujourd’hui en Haïti, la simple volonté de combattre la corruption et d’incarner l’État de droit.
