Élections en Haïti : le Forum des Groupements Politiques réclame une révision du décret et un nouveau calendrier
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Port-au-Prince, 16 septembre 2026 — Les discussions se poursuivent entre les acteurs politiques, le Conseil électoral provisoire (CEP) et l’Exécutif autour des conditions d’organisation des prochaines élections. Dans une note publiée à l’issue d’une nouvelle rencontre mercredi 16 septembre, le Forum des Groupements Politiques met notamment sur la table les inscriptions contestées sur la plateforme électorale, la révision du décret électoral et l’ajustement du calendrier.
Cette réunion s’inscrit dans le prolongement des échanges engagés les 24 et 26 août entre le Forum, le CEP et l’Exécutif. Elle intervient également au lendemain d’une nouvelle décision du CEP accordant un délai supplémentaire jusqu’au 9 octobre 2026 pour l’inscription en ligne des candidats et le dépôt des pièces. Le Forum affirme avoir signalé au CEP plusieurs cas dans lesquels des responsables ou membres de partis auraient été inscrits sur la plateforme électorale sans leur consentement.
Le regroupement demande que ces situations, ainsi que les irrégularités alléguées dans l’enregistrement des 30 000 membres exigés pour les partis et groupements politiques, soient examinées de manière contradictoire.
Le CEP aurait proposé la création d’une commission technique associant notamment le CEP, l’Office national d’identification (ONI) et le ministère de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP) afin de vérifier les cas signalés et d’établir les faits.
Selon la note du Forum, le CEP dispose également de la possibilité technique de permettre à chaque citoyen de vérifier sous quelle formation politique il serait éventuellement enregistré. L’institution aurait toutefois estimé qu’une généralisation de cette procédure pourrait provoquer de nombreux contentieux et fragiliser davantage le processus. Le Forum conteste également l’idée que l’inscription préalable sur une liste électorale puisse constituer une condition supplémentaire pour exercer le droit de vote.
Il défend la position selon laquelle les détenteurs de la Carte d’identification nationale devraient pouvoir voter, tandis qu’une inscription spécifique concernerait notamment les personnes déplacées ou contraintes de quitter leur zone de résidence en raison de l’insécurité.
Cette question intervient alors que le CEP poursuit la préparation des opérations électorales et affirme vouloir conduire le processus de manière inclusive, impartiale et transparente.
Vers une nouvelle modification du décret électoral ?
Autre dossier majeur : le décret électoral.
Le Forum estime que les revendications formulées par les partis et groupements dans leurs mémoires doivent être prises en compte dans une éventuelle révision du texte. Il demande que toute modification soit accompagnée d’un réaménagement cohérent du calendrier électoral.
Le CEP a lui-même confirmé le 16 septembre qu’il poursuivait ses discussions avec les acteurs politiques et le gouvernement dans la perspective d’une modification du décret électoral.
La question du 13 décembre 2026, date annoncée pour le scrutin, se retrouve ainsi au centre des interrogations. Une modification substantielle du cadre juridique pourrait nécessiter, selon le Forum, une adaptation des différentes étapes du processus.
Les délégués de ville également concernés
Le Forum demande enfin que soit examinée l’absence des délégués de ville dans le décret électoral du 2 juillet 2026.
Selon la note, le CEP aurait reconnu cette omission et indiqué qu’il examinerait avec l’Exécutif les ajustements nécessaires, tout en soulignant que l’intégration de cette fonction soulève également une question constitutionnelle.
Sept demandes formulées par le Forum
À l’issue de la rencontre, le Forum des Groupements Politiques demande notamment :
- l’examen des revendications contenues dans les mémoires des partis ;
- la publication d’un calendrier électoral révisé ;
- le réaménagement des périodes d’inscription des électeurs et des candidats ;
- la création d’une commission CEP-ONI-MJSP pour examiner les inscriptions contestées et les anomalies alléguées autour des 30 000 membres ;
- le maintien d’un corps électoral suffisamment large ;
- l’examen de la question des délégués de ville dans le respect de la Constitution ;
- la possibilité pour les forces politiques de constituer des regroupements et plateformes dans le cadre électoral.
Le Forum dit vouloir poursuivre le dialogue avec le CEP et l’Exécutif afin que les discussions débouchent sur des décisions concrètes.
De son côté, le CEP a déjà accordé un nouveau délai jusqu’au 9 octobre pour l’inscription en ligne des candidats et le dépôt des pièces, tout en poursuivant les consultations sur une éventuelle modification du décret électoral.

