André Michel contre Fils-Aimé : « Le Premier ministre devient l’adversaire des acteurs politiques »
3 min de lecture
Screenshot
Port-au-Prince — La rencontre entre la Coalition des Forces Républicaines (CFR) et la CARICOM, lundi 7 septembre, a donné lieu à une charge politique contre le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. À l’issue des échanges, Me André Michel, qui conduisait la délégation de la CFR, a vivement contesté la décision du chef du gouvernement de transition de mettre sur pied sa propre plateforme politique en vue des prochaines élections.
Dans une publication sur son compte X, l’avocat estime que cette initiative constitue une « faute politique grave » susceptible de compromettre la confiance des acteurs engagés dans le processus électoral.
« Un PM de Transition n’a pas ce droit », affirme André Michel.
Selon lui, le problème dépasse la simple création d’une nouvelle structure politique. Le dirigeant de la CFR considère que le fait pour le chef d’un gouvernement de transition de se doter d’une plateforme électorale le place désormais dans une position de concurrent direct des autres formations politiques. André Michel estime que la situation crée un déséquilibre dans la compétition électorale, particulièrement dans un contexte où l’administration publique dispose de moyens considérables.
« En montant sa propre Plateforme Politique, A D Fils-Aimé devient l’adversaire des acteurs politiques engagés dans le processus », écrit-il.
Cette critique rejoint les préoccupations exprimées par la CFR lors de sa rencontre avec la CARICOM. La coalition avait notamment plaidé pour une gouvernance équilibrée et pour des garanties permettant de restaurer la confiance autour du processus électoral. Elle avait également insisté sur la nécessité de débloquer les routes et d’améliorer les conditions de sécurité avant la tenue des élections.
Pour André Michel, la question centrale est celle de la neutralité de l’État. Il estime qu’un Premier ministre chargé de conduire une période de transition vers les élections ne devrait pas, selon lui, devenir lui-même un acteur politique engagé dans la compétition électorale. L’avocat va plus loin en mettant directement en cause la confiance dont pourrait encore bénéficier le gouvernement.
« On ne peut pas faire confiance à un PM de Transition qui a lancé sa propre structure Politique », affirme-t-il, avant de conclure : « Mauvais calcul Politique ! Le PM a fragilisé la Transition. »
Cette position intervient alors que la CARICOM mène des consultations avec différents acteurs haïtiens sur la transition, la sécurité et les conditions nécessaires à la tenue d’élections crédibles. La CFR, qui rassemble 44 partis et organisations, cherche notamment à obtenir des garanties sur la neutralité de l’État et l’équilibre de la gouvernance.
La création de la plateforme politique du Premier ministre devient ainsi l’un des nouveaux points de tension autour du processus électoral. Pour la CFR, la question n’est plus seulement de savoir si les élections peuvent être organisées, mais dans quelles conditions politiques elles doivent se dérouler pour que les différents acteurs puissent considérer le processus comme équitable.

