Le face-à-face Céant-Moïse : le naufrage d’une classe politique dépassée
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Ce matin, les auditeurs de Radio Méga ont assisté à un échange particulièrement affligeant. Invités sur les ondes pour débattre de l’avenir de la nation, Moïse Jean-Charles et Jean-Henri Céant ont offert un spectacle décevant, loin de la stature attendue de leaders de partis politiques.
D’un côté, l’ancien Premier ministre Jean-Henri Céant s’est posé en défenseur du pouvoir en place. Portant la voix du groupement Viktwa perçu par de nombreux observateurs comme le poulain du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, Céant maintient qu’il est possible d’organiser des élections dans le contexte actuel. Une position qui défie le bon sens au vu de l’insécurité suffocante qui paralyse le territoire. De l’autre côté, Moïse Jean-Charles, inflexible depuis la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), continue d’exiger le départ immédiat du Chef du gouvernement.
Le leader de Pitit Dessalines dénonce au passage des contrats jugés faramineux signés par l’exécutif avec des firmes américaines, accusées de brader les ressources stratégiques du pays pour plusieurs décennies.
Ce face-à-face met en lumière un paradoxe révoltant. Alors que les groupes armés ont su s’unir pour défendre leurs intérêts criminels et consolider leur emprise sur la capitale, la classe politique, qui devrait assumer la responsabilité historique de redresser la barque nationale, s’enfonce dans une tourmente honteuse. Aveuglés par des luttes de clocher et des appétits personnels, ces dirigeants de seconde zone continuent de diviser pendant que le pays meurt à petit feu.
La politique pratiquée par cette élite discréditée a fini par briser le dernier rempart des citoyens : l’espoir. Une interrogation cruciale demeure : où est la population dans ce jeu de dupes ?
Quel avenir reste-t-il possible pour Haïti lorsque ses prétendus sauveurs étalent quotidiennement leur incapacité à extirper la nation de ce marasme politique et social ?
Chaque intervention médiatique confirme le fossé abyssal entre les priorités des élites et la détresse de la population. Sans un sursaut citoyen pour balayer cette classe politique dépassée, le pays restera prisonnier d’un chaos orchestré par ceux-là mêmes qui prétendent le gouverner.

