12 août : Le serment d’une jeunesse sacrifiée
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Haïti, terre de feu et de sang. Haïti, où l’on ose encore prononcer le mot « fête » pour parler de la jeunesse. Fête ? Non. Insulte. Crachat au visage d’une génération qu’on a jetée en pâture, qu’on égorge en silence, qu’on enterre avant même qu’elle n’ait vécu.
Pendant que le monde applaudit ses jeunes, Haïti compte ses cadavres. Pendant que d’autres célèbrent l’avenir, ici on fusille l’espoir. La jeunesse haïtienne n’est pas le futur : elle est la proie. La cible. La monnaie d’échange des charognards en costume.
Ils ont tué l’école. Ils ont assassiné le rêve. Ils ont fermé les portes de l’avenir et ouvert grandes celles de l’enfer. Des enfants de quinze ans, des adolescents affamés, abandonnés, trahis, se retrouvent aujourd’hui une arme à la main, chair fraîche pour les gangs, pions sacrifiés sur l’échiquier sanglant d’une guerre qui n’est pas la leur. Les stylos ont été remplacés par des fusils. Les cahiers par des linceuls.
Qui sont les coupables ? Ces politiciens ventripotents, ces bourgeois sans vergogne, ces trafiquants de misère qui dorment dans leurs villas climatisées pendant que nos cités brûlent. Ils ont vendu le pays, vendu les enfants, vendu jusqu’à la dignité d’un peuple. Leur crime est parfait : ils ont volé jusqu’au droit de pleurer.
Mais écoutez-moi bien, vous qui croyez avoir gagné. Écoutez ce grondement qui monte des entrailles de la terre. Ce n’est pas la fin. C’est la colère. C’est le réveil. La jeunesse haïtienne a le dos brisé, mais pas l’âme. Elle a les mains vides, mais le cœur en feu. Chaque balle tirée sur elle est une graine de révolte plantée dans le sol de demain. Chaque larme versée est un fleuve qui finira par tout emporter.
Jeunesse haïtienne, lève-toi ! Ne demande plus la permission de vivre. Ne supplie plus ceux qui te condamnent. Reprends ce qu’on t’a arraché : ta voix, ta terre, ton avenir. Ce 12 août n’est pas une célébration. C’est un cri de guerre. Un serment. Le sang de cette terre refuse de se taire, et il rugira jusqu’à ce que justice soit rendue.
Assez de mourir. Assez de fuir. Assez de se taire. Le temps des bourreaux est compté.

