Haïti : Le trio des incompétents de la République qui a livré la souveraineté du pays, la justice bradée sous les yeux d’un appareil judiciaire complice
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Haïti n’est plus seulement un État en faillite. Le pays est devenu le théâtre d’une capitulation morale et institutionnelle. En organisant la remise de Joseph Félix Badio et des mercenaires colombiens aux autorités américaines, au mépris des règles territoriales et constitutionnelles, le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé, avec Raina Forbin et Patrick Pélissier, a franchi la ligne rouge. C’est une forfaiture. Une haute trahison institutionnelle.
Sous couvert de décisions opportunistes, ces responsables ont neutralisé l’appareil judiciaire haïtien. La Constitution de 1987, qui garantit la souveraineté nationale et les droits des citoyens, a été piétinée. En livrant des prévenus clés de l’assassinat d’un président en exercice à des juridictions étrangères, sans procédure d’extradition rigoureuse, conforme et transparente, ils affirment que la justice haïtienne ne vaut rien. Ce n’est pas de la coopération internationale. C’est une reddition sans condition. Ils préfèrent liquider les dossiers gênants plutôt que de donner à la justice nationale les moyens d’établir la vérité sur l’assassinat du président Jovenel Moïse sur le sol haïtien.
Comment la première République noire du monde, fondée sur la dignité et le refus de la servitude, a-t-elle pu tomber entre les mains d’hommes si prompts à brader l’héritage national ? Pour conserver un visa, une carte de résidence ou obtenir un soutien diplomatique de circonstance, le pouvoir vassalise l’État. La souveraineté devient une variable d’ajustement. Haïti est ravalé au rang de protectorat de fait. Les décisions judiciaires majeures se prennent à l’étranger, avec la complicité active des autorités locales.
Devant un tel affront, le silence de l’appareil d’État et des magistrats est assourdissant. Dans un pays digne, une telle ingérence de l’exécutif dans les affaires de la justice aurait provoqué une crise majeure et des démissions en cascade. Ici, la passivité d’une partie de l’élite judiciaire montre un effondrement moral. L’absence de réaction face aux dérives de Fils-Aimé, Forbin et Pélissier entérine l’impunité. Sans sursaut de dignité, sans refus clair d’être complices de ce bradage, l’État de droit en Haïti ne sera bientôt plus qu’un souvenir.

