Washington – Donald Trump annonce un accord avec le Danemark et le Groenland pour un contrôle permanent de la sécurité de l’île
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Le président américain Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient conclu un accord avec le Danemark et le Groenland garantissant à Washington un « contrôle permanent » sur la sécurité de l’île et interdisant à tout adversaire des États-Unis d’y établir une présence militaire.
S’exprimant depuis Davos, en Suisse, où il participait au Forum économique mondial, M. Trump a affirmé que cet accord, négocié avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, lui accordait un « accès total » et « permanent » au territoire groenlandais. « C’est un accord à long terme. Il n’y a pas de fin, il n’y a pas de limite de temps », a-t-il déclaré lors d’une interview accordée à Fox Business Network. « Essentiellement, c’est un accès total », a-t-il insisté.
Le président américain a précisé que cet accord permettrait aux États-Unis de déployer le système de défense antimissile « Golden Dome » sur l’île, tout en bloquant ce qu’il présente comme les ambitions russes et chinoises dans l’Arctique. Il a également annoncé qu’il renonçait à imposer des droits de douane pouvant atteindre 25 % sur le Danemark et sept autres nations européennes qui avaient exprimé leur soutien au Groenland, et qu’il excluait tout recours à la force pour s’emparer de l’île.
Cependant, les détails de cet accord restent extrêmement vagues, et plusieurs responsables danois et groenlandais ont affirmé ne pas en connaître le contenu exact. Le Premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, a déclaré lors d’une conférence de presse à Nuuk : « Je ne sais pas ce que contient l’accord, ou l’entente, au sujet de mon pays ». Il a toutefois réaffirmé que la souveraineté de l’île constituait une « ligne rouge » infranchissable : « Nous ne pouvons pas franchir les lignes rouges. Nous devons respecter notre intégrité territoriale. Nous devons respecter le droit international et la souveraineté ».
De son côté, la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a tenu à préciser que « nous ne pouvons pas négocier notre souveraineté » et qu’aucune compromission sur ce point n’avait été proposée lors des discussions avec l’OTAN. Elle a néanmoins qualifié la situation de « difficile et sérieuse », tout en reconnaissant que des progrès avaient été réalisés, notamment sur la possibilité de discuter de la sécurité commune dans la région arctique.
Un accord qui ressemble à celui de 1951
Plusieurs observateurs et analystes ont souligné que l’accord annoncé par M. Trump ressemble fortement à un traité déjà existant entre les États-Unis et le Danemark, signé en 1951. Ce traité, modifié en 2004, autorise déjà les États-Unis à installer des bases militaires au Groenland et à y déployer des troupes, sous réserve d’informer préalablement le Danemark et le Groenland. Selon CNN, le cadre annoncé par M. Trump consisterait principalement à mettre à jour cet accord de 1951, sans pour autant accorder de nouveaux droits significatifs aux États-Unis.
Un porte-parole de l’OTAN, Allison Hart, a confirmé que le secrétaire général Mark Rutte n’avait proposé aucun « compromis sur la souveraineté » lors de ses discussions avec M. Trump. Les négociations entre le Danemark, le Groenland et les États-Unis devraient se poursuivre, avec pour objectif affiché de garantir que « la Russie et la Chine ne gagnent jamais de pied – économiquement ou militairement – au Groenland ».
Réactions et incertitudes
L’annonce de M. Trump a suscité un certain soulagement sur les marchés européens, qui craignaient une escalade des tensions commerciales et diplomatiques entre les États-Unis et l’Europe. Le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, a qualifié les messages de M. Trump de « positifs », tout en rappelant que Washington n’avait pas renoncé à vouloir contrôler le Groenland.
Du côté groenlandais, la députée Aaja Chenmitz a exprimé son scepticisme quant au rôle de l’OTAN dans les négociations sur les richesses minérales de l’île : « L’OTAN n’a en aucun cas le droit de négocier quoi que ce soit sans nous, le Groenland. Rien sur nous sans nous ».
Alors que les détails de l’accord restent à préciser et qu’aucun document officiel n’a encore été signé, l’annonce de M. Trump laisse planer le doute sur l’ampleur réelle des concessions obtenues par Washington. Une chose est certaine : la question de la souveraineté du Groenland, que le président américain a longtemps convoité, demeure un point de friction majeur entre les États-Unis, le Danemark et le Groenland.

