Visite de l’OEA et de la CARICOM en Haïti : des diplomates face à l’illusion électorale
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Une nouvelle délégation de haut niveau est arrivée à Port-au-Prince. Protocole soigné, communiqués lisses. Mais derrière les poignées de main, une question s’impose : que viennent réellement faire l’OEA et la CARICOM dans un pays où les gangs règnent, où l’État s’effondre et où la tenue d’élections relève de l’illusion ?
La Ministre des Affaires étrangères, Raina Forbin, accompagnée du Ministre de la Défense, Mario Andrésol, et du Président du CEP, Jacques Desrosiers, a accueilli dimanche 16 août la délégation conduite par le Secrétaire général de l’OEA, Albert R. Ramdin, et la Secrétaire générale de la CARICOM, Carla Barnett. Au programme, du 16 au 19 août : réunions, ateliers, consultations. Pendant ce temps, la population fuit les quartiers en feu, les écoles ferment, les hôpitaux sont pillés.
Une énième visite, pour quel résultat ?
Depuis des décennies, les missions se succèdent. OEA, CARICOM, ONU, BID, CAF, OPS, JID, IICA — les sigles s’accumulent. Pourtant, le constat est sans appel : l’insécurité n’a jamais été aussi meurtrière, la crise politique aussi profonde, les élections aussi impossibles.
À quoi sert cette visite de plus ? À évaluer ? À conseiller ? À dicter, une fois de plus, des recettes conçues hors-sol ? La question est brutale, mais elle traduit le ras-le-bol d’un peuple qui refuse d’être traité en mineur perpétuel. Les maîtres viennent-ils encore dicter leurs lois aux esclaves ?
Élections impossibles : l’hypocrisie
Peut-on sérieusement parler d’élections quand des régions entières sont contrôlées par les gangs, quand la libre circulation n’existe plus ? Pousser à un scrutin dans ces conditions n’est pas responsable : c’est du cynisme diplomatique.
Autrement, cette visite ne sera qu’un chapitre de plus dans la longue chronique d’une domination déguisée en coopération.

