Quand l’État abandonne ses âmes confiées

La Citadelle Laferrière n’est pas seulement un monument. Elle est un serment. Aujourd’hui, ce serment est brisé. Des jeunes sont venus honorer l’histoire. Ils y ont trouvé la mort. Des familles pleurent. Le pays suffoque. Et pendant ce temps, le silence des responsables pèse comme une insulte.
Ce drame n’est pas un accident. C’est un échec. Un échec humain, institutionnel, moral.

Derrière chaque victime, il y avait un avenir. Derrière chaque cri, une question qui refuse de mourir : qui a laissé faire ?
L’irresponsabilité en chaîne
Qui a autorisé cet événement ?
Qui a évalué les risques ?
Qui a prévu la sécurité ?
Qui a organisé les secours ?
Personne — ou pire : des responsables qui ont agi comme si la vie humaine était secondaire.

Le ministère du Tourisme. L’ISPAN. Les autorités locales. Tous savaient — ou devaient savoir. Gouverner, ce n’est pas célébrer des symboles. C’est protéger des vies.

Ouvrir un site historique à une foule sans encadrement strict, c’est une faute. Une faute grave. Une faute qui tue. Trop de morts, trop de silence.
Ce qui s’est passé n’est pas inédit. En Haïti, les tragédies se répètent. Les enquêtes s’éteignent. Les responsabilités se diluent. Et l’impunité triomphe.

Ce cycle doit être brisé.
Il faut une enquête indépendante. Immédiate. Crédible. Sans interférence politique. Le pays doit savoir. Les familles doivent savoir. Et des comptes doivent être rendus. Sans vérité, il n’y aura jamais de justice. Sans justice, il n’y aura jamais de fin à ces drames.

Gouverner, c’est prévoir.
Assez des improvisations meurtrières. Un site comme la Citadelle exige :
• des limites strictes de fréquentation
• un contrôle réel des accès
• des plans d’évacuation clairs
• une présence médicale permanente
• une coordination sérieuse entre institutions

Ce ne sont pas des luxes. Ce sont des obligations.
Ne pas prévoir, c’est accepter la mort comme une variable normale.
Une honte nationale

La Citadelle devait être un lieu de fierté. Elle est devenue un lieu de deuil.
Ce drame révèle une vérité brutale : l’État n’assume plus sa mission la plus élémentaire — protéger ses citoyens. Et quand un État échoue à protéger la vie, il perd sa légitimité morale. Que leur mort ne soit pas vaine

Les victimes méritent plus que des discours.
Elles méritent la vérité.
Elles méritent la justice.
Et le pays mérite un sursaut. Parce qu’un peuple ne peut pas continuer à enterrer ses enfants au nom de l’improvisation, de la négligence et de l’indifférence.