Affaire Epstein : quand la nièce du président ivoirien, Alassane Ouattara, jouait les entremetteuses pour le pédocriminel

Abidjan, correspondance

De nouveaux documents rendus publics par le ministère américain de la Justice relancent l’attention sur les ramifications internationales de l’affaire impliquant le financier américain Jeffrey Epstein. Parmi les milliers de pages dévoilées, plusieurs noms liés à la Côte d’Ivoire apparaissent, dont celui de proches du pouvoir en place à Abidjan.

L’affaire Epstein, du nom de cet homme d’affaires accusé d’exploitation sexuelle de mineures et retrouvé mort en détention en 2019 à New York, continue de produire des révélations. Si les enquêtes ont principalement mis en lumière des réseaux aux États-Unis et en Europe, les documents récemment publiés évoquent aussi des connexions en Afrique de l’Ouest.

En Côte d’Ivoire, le nom de Nina Keita, nièce du président Alassane Ouattara, est mentionné dans des échanges de correspondance avec le financier américain entre 2011 et 2018. Ancienne mannequin reconvertie dans les affaires publiques, elle occupe depuis plusieurs années des fonctions dans des structures économiques stratégiques du pays.

Selon les éléments consultés, les relations entre Nina Keita et Jeffrey Epstein auraient dépassé le simple cadre mondain. Les documents évoquent l’organisation de rencontres entre le financier américain et des responsables ivoiriens au début des années 2010, dans un contexte de relance économique après la crise post-électorale de 2010-2011.

À cette époque, la Côte d’Ivoire, dirigée par Alassane Ouattara, cherche à attirer des investisseurs étrangers et à renforcer ses partenariats internationaux. Les correspondances mentionnent des discussions autour de projets d’investissement et d’équipements sécuritaires.

À ce stade, aucune accusation judiciaire n’a été rendue publique en Côte d’Ivoire concernant ces échanges. Les autorités ivoiriennes n’ont pas officiellement commenté ces nouvelles révélations.

Silence et interrogations à Abidjan

À Abidjan, la publication de ces documents suscite interrogations et commentaires dans les milieux politiques et sur les réseaux sociaux. Plusieurs observateurs soulignent que figurer dans des correspondances ne constitue pas en soi une preuve d’implication dans des activités illégales.

Pour les analystes, cette séquence illustre toutefois la stratégie d’influence développée par Jeffrey Epstein, qui cultivait des relations dans les sphères politiques, scientifiques et économiques à travers le monde.

L’affaire, déjà tentaculaire, continue donc de révéler de nouveaux pans, bien au-delà des frontières américaines. Reste à savoir si ces mentions donneront lieu à des enquêtes ou à des clarifications officielles en Côte d’Ivoire.