Ce dimanche 29 mars 2026 marque le 39ème anniversaire de la ratification de la Constitution haïtienne. Si cette date devrait être celle d’une célébration démocratique, elle résonne aujourd’hui comme le triste rappel d’un contrat social galvaudé par une classe politique en mal de vision.
Un texte sacré, une réalité bafouée
Née de l’élan libérateur de l’après-1986, la loi mère de la nation était censée garantir la stabilité, la décentralisation et l’État de droit. Pourtant, quatre décennies plus tard, le constat est amer. Le texte, souvent cité mais rarement appliqué, est devenu un outil de gymnastique juridique pour les élites au pouvoir, utilisé au gré des intérêts partisans plutôt que pour le bien commun.
De l’absence d’élections régulières à l’effondrement des institutions, la Constitution de 1987 semble n’exister que sur le papier. Les principes de souveraineté et de justice sociale qu’elle consacre sont chaque jour piétinés par l’insécurité galopante et l’impunité institutionnalisée.
Le Pays est dans l’attente d’un souffle nouveau face à ce vide institutionnel, une question hante les esprits de la capitale aux villes de province
quand viendra enfin ce « messie » politique ?
Non pas un homme providentiel au sens mystique, mais un leader authentique capable d’appliquer la constitution de manière conforme et rigoureuse.
Le peuple haïtien n’attend plus de simples promesses, mais un dirigeant — ou une génération de dirigeants — qui aura le courage de respecter la séparation des pouvoirs et de restaurer l’autorité de l’État sous l’égide de la loi.
Alors que le pays traverse l’une des crises les plus sombres de son histoire contemporaine, ce 39ème anniversaire ne peut se limiter à un simple rappel historique. Il doit être un appel à la conscience nationale. La Constitution ne peut protéger le peuple que si ceux qui dirigent acceptent d’être, eux-mêmes, protégés et limités par elle.
La Constitution n’a pas seulement vieilli. Elle a été usée par la crise permanente, détournée par les calculs, et abandonnée par ceux qui auraient dû la défendre. Pourtant, elle demeure, pour beaucoup, l’un des derniers repères d’un idéal républicain. La question, en ce 29 mars, n’est pas de savoir si Haïti a une Constitution. Mais si elle est prête enfin à la respecter.
