À l’ONU, le discours de trop d’Alix Didier Fils-Aimé : le refrain vide du pouvoir sur la sécurité et les élections
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Du haut de la tribune de la 81ᵉ Assemblée générale des Nations Unies, devant une salle quasi vide, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a livré une prestation qui laissa un goût amer d’amateurisme et de déjà-vu . Le chef du gouvernement haïtien s’est contenté d’égrener les mêmes promesses creuses et le même narratif lissé que ses prédécesseurs (CPT), la sécurité sera bientôt rétablie, l’État reprendra le dessus. Une rengaine usée jusqu’à la corde, qui ne parvient plus à masquer l’ampleur du désastre.
La réalité est bien plus cruelle des familles entières vivent sous la menace permanente des gangs, entre extorsions, enlèvements et violences quotidiennes. Les promesses solennelles de réprimer l’insécurité se heurtent chaque jour à la détresse profonde d’une population épuisée. Personne n’est dupe, ce discours n’était qu’une nouvelle couche de vernis sur la réalité du pays.
Parmi les annonces faites depuis la tribune de l’ONU, celle de tenir des élections générales le 13 décembre prochain apparaît, pour beaucoup, un rêve. Le calendrier électoral a déjà été modifié à deux reprises et semble condamné à un nouveau report, dans les centres d’enregistrement, de nombreux agents électoraux ont arrêté le travail pour réclamer deux mois de salaires impayés par le Conseil électoral provisoire sans eux, toute la machine électorale est paralysée. Quant à l’enrôlement des électeurs l’objectif paraît hors d’atteinte, l’institution peine même à franchir le cap du million inscrit . Autrement dit, plus des trois quarts des Haïtiens en âge de voter risquent de rester hors du processus.
Comment croire, dans ces conditions, à des élections libres, crédibles et transparentes ? Sans personnel motivé, sans matériel adéquat, et face à une population qui lutte d’abord pour sa survie, la promesse électorale du Premier ministre résonne comme une parole de plus jetée dans le vide.
Dans la capitale, le constat est amer et sans appel, le pouvoir en place montre chaque jour son incapacité à assurer la sécurité des citoyens, et encore moins à organiser un scrutin légitime. Entre les discours policés prononcés à New York et la souffrance silencieuse du peuple haïtien, le fossé n’a jamais semblé aussi profond.
Derrière les beaux mots, il y a des visages, des familles et des vies brisées qui attendent, encore et toujours, une véritable lueur d’espoir.

